La fine équipe!

Imperial Trail du 25/09 @ Fontainebleau

« Entre le couillu et le naïf, la frontière est mince !! »

Voilà ce que me dit un de mes compagnons d’infortune 5 minutes avant le départ.

Il est vrai qu’entre mes soucis de périostite, le manque d’entrainement due à ce souci, et d’autres facteurs, j’ai peux être présumé de mes forces. Qu’importe nous sommes au départ, trop tard pour faire machine arrière. Nous entrons tous dans le sas de départ un par un, car les coureurs sont contrôlés (vérification des moyens de sécurité).

 

Ca y est ! Le départ est donné et ça part assez vite pour une distance d’environ 40 Km. Nous commençons d’emblée par une petite côte, qui permet de bien lancer le cardio. Mes jambes sont plutôt légères et je décide de garder ce rythme, quitte à me faire doubler par une bonne partie courant bien plus vite que moi. J’ai dans l’optique de trouver un groupe à mon rythme et me laisser porter jusqu’à la fin. Les 5 premiers kilomètres passent très vite, il y a beaucoup de chose à regarder autour de nous et beaucoup de monde. Puis le peloton éclate pour ne laisser place qu’à de tout petit groupe de 4-5 personnes. Je me retrouve dans un groupe de 3 femmes, courant à la même allure que moi, nous enchainons kilomètre après kilomètre, quand tout d’un coup, une des femmes glisse, tombe et percute un rocher avec son coude. Juste le temps de s’assurer que tout va bien et nous voilà repartis. Quelques minutes après sa chute celle-ci se plaint de sentir de moins en moins son poignet puis sa main. Ca n’a pas l’air de la traumatiser vu qu’elle court toujours. Profitant d’une partie roulante et d’une forme que je ne pensais pas avoir, je décroche le groupe, et rejoins un autre groupe de femmes. Je commence à me poser des questions quant au fait que je ne croise que des femmes depuis tout à l’heure, soit je suis le seul homme de la course à me trainer (N’y voyez aucun commentaire sexiste mesdames 😉 ), soit tout les hommes de la course ont abandonnés. Je me fais une raison et discute avec une d’entre elles.

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L’attente du départ

Nous partons en tête du groupe et au bout d’un instant, nous nous rendons compte que plus personne ne nous suis, mais surtout qu’il n’y à plus de balisage. Absorbés par la difficulté du terrain dans cette longue descente, nous avons ratés une balise et perdu notre chemin. Par chance nous tombons sur des randonneurs qui nous indiquent qu’il fallait tourner à gauche bien plus haut. Nous voilà repartis sur ce chemin qui maintenant est une longue montée, et effectivement au début de celle ci nous retrouvons la balise. Nous aurons quand même fait un détour d’un peu plus d’un kilomètre, avec en prime un peu plus de dénivelé. Le tracé retrouvé, nous reprenons notre rythme pour arriver au premier ravito au kilomètre 14. Je bois un peu d’eau fraiche, car celle de la poche a chauffée et en profite justement pour changer celle ci. Je me refuse à manger les choses proposées, ayant emporté ce qu’il fallait et ne voulant pas prendre de risques quant à une possible intolérance. Je repars du ravito tout seul et à cet instant je ne sais pas encore que je terminerais la course seul pendant les 25 Kilomètres restant. Trente minute plus tard, le ventre commençant à ce sentir vide, je grignote une moitié de barre énergétique, car les gels ne comblent pas ma fringale. J’emprunte une longe partie assez sympa avec une succession de petites montées et mes jambes me semblent encore fraiches au 20 eme kilomètre. Cela doit venir du fait que j’ai opté pour un rythme plutôt cool depuis le début la course. Je jette des coups d’oeil en arrière, puis devant mais toujours personne en vue. Je suis vraiment seul en pleine foret et pourrais penser être perdu si je n’avais pas en vue les balises suivantes. Je commence à avoir une digestion de plus en plus difficile, et de forts maux de ventre arrivent.

Où est Charlie?!

Où est Charlie?! 😉

 

Je suis en train de me dire que ma gourmandise va se payer. Les 6 kilomètres restant avant le prochain ravito vont me sembler très longs. Je suis toujours seul au milieu de la foret de Fontainebleau, et essaie de garder un rythme correct de course. Les rochers font leur apparition et les appuis sont de plus en plus instables, il y de moins en moins de place pour poser les pieds à plat. J’arrive enfin au ravitaillement tant attendu, me précipite vers un bénévole et lui demande du « Smecta ». Malheureusement il n’en a pas et me fais comprendre que je vais devoir supporter ces douleurs pendant encore 10 kilomètres. De toutes façons, je n’ai pas le choix, je dois terminer cette course. Et puis 10 Km ce n’est rien, enfin sauf quand on en a déjà 30 dans les jambes. Je n’ai même pas de compagnie pour pouvoir discuter, ou juste me caler sur son rythme. Je fatigue de plus en plus et mon ventre ne me lâche pas. A 3 kilomètres je reçois un texto de Franck, qui lui est déjà arrivé depuis une heure, me demandant si ça allais. Je lui réponds que je suis au bord de la syncope mais que ça va le faire. J’entends au loin la musique de la ligne d’arrivé, ce qui a pour effet de me re-booster. Allez plus que 500 mètres !! J’entends des gens qui applaudissent, des personnes qui m’encouragent. Je vois Franck au loin qui m’attend. Ca y est je passe la ligne, et boucle cette course. Je suis épuisé après les 6h20 de course dont plus de 3h avec des maux de ventre. Je n’ai qu’une idée en tête c’est des m’asseoir. Je suis bien content d’avoir terminer ce trail que je recommencerais l’année prochaine. Au final entre le couillu et le naïf, la frontière est vraiment mince et je ne sais toujours pas de quel coté je me situais ce jour.

La fine équipe!

La fine équipe!

 

 

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RunInLille

 

2 Comments

  1. Le courage malgré la douleur ! Sans blague, courir avec un petit sachet de smecta c’est pas du luxe. Super d’être déjà déterminé à recourir ce trail. Beau CR. Merci !

     
    • Merci Daddy!
      La prochaine fois je pars avec au moins un sachet. Je me suis fais avoir une fois, mais pas deux.
      Et toi comment se passe ton rétablissement ?

       

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